Fougue adolescente !
- Leslie Garoyan

- 19 sept. 2022
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 15 janv. 2025
Hier soir, pendant que je passais en revue mon weekend en me demandant comment j'avais pu atterrir dans ma voiture un dimanche soir à 19 h 30 à rouler sans but précis pour recharger cette fichue batterie ; j'ai craqué ...
Le fou rire est parti, impossible de s'arrêter.
Depuis le début du week-end, je m'étais embarquée sans le savoir dans une comédie humaine déroutante où rien ne s'est déroulé comme prévu !
Rien dans mon organisation n'avait fonctionné selon le plan et pourtant je n'aurais pas pu rêver mieux... Je venais de vivre 72 h de bonheur intense et je continue de promener avec le sourire éternel !
Alors, je me suis mise à penser que souvent dans notre vie d’adulte, on s’arrête en chemin : on consomme nos relations, nos rêves, nos envies... Plus jeune, on se disait : "Quand je serais grand" avec beaucoup d'attentes théâtrales et maintenant que nous sommes des grands, organisé et responsable, il faut tout prévoir à l'avance, tout maîtriser dans le moindre détail, noircir les pages d'agenda et créer des alarmes pour ne rien oublier, on se surprend à dire à quelqu'un : "Ah mais... tu n'as pas vérifié?" mais que se passerait-il si on se laissait vivre? Si on se laissait porter encore un peu? La vérité, du moins, il me semble, c'est qu'elle se trouve là la beauté. On a beau projeter, planifier, orchestrer, on ne sait pas grand-chose de ce qu’il va se passer. Et pourtant dans ces moments d'imprévus suspendus dans le temps, comme cette échappée grandiose m'a fait planer tout le weekend, je n'ai ressenti que de la joie à l'état pur et des fous rires qui vous filent des crampes dans les joues tellement intenses que vous avez du mal à croire que vous pourrez reparler un jour.
C’est curieux comme, à force d’encenser l’instant présent et d’anticiper le futur, on oublie parfois de jeter un œil dans le rétroviseur. Ces deux derniers jours, j'ai donc jeté un coup d'œil dans le rétroviseur, pas avec l'angoisse et la nostalgie du: "c'était mieux avant ", mais plutôt comme un doux rappel d'insouciance. C’est bouleversant de constater ce que nous avons dû abandonner, pour être là aujourd’hui, maintenant que nous sommes des grands...
Samedi soir, plantée dans la foule au milieu du concert d'Ed Sheeran, la pluie s'est mise à tomber, mais dans mon cœur, le soleil est resté ( "J'avais froid quand même... ")
On était comme des mômes émotifs.
Ce weekend était une descente sans frein dans laquelle j'ai pris le shoot d'adrénaline qui m'a permis de retrouver cette fougue adolescente !
Si je pouvais, je crois que j'aimerais dire à la Leslie de 17 ans qu'elle laisse le désir durer, qu'elle embrasse ses difficultés et ses petites imperfections, car évoluer c'est aussi accepter de lâcher prise : le bonheur ne signifie pas que tout est parfait, mais que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections. Bref, (je ne sais jamais faire bref, mais essayons quand même...) après un enchaînement interminable de situations exotiques, pour ne pas dire chaotiques, on fait immédiatement le point : Est-ce qu'on a le seum ou est-ce qu'on kiffe ? Est-ce qu'on rit ou est-ce qu'on pleure ? Et là, j'ai pensé à Vic... Souvenez-vous de cette scène de la Boum 2 lorsque qu'elle rentre à la maison détrempée bien au-delà du couvre-feu parental. Après un concert passé avec son amoureux, les boulettes s'enchaînent, mauvais bus, vol de sac, pluie battante, elle se retrouve dans l'entrée à justifier son retard devant un père inquiet et en colère : "Ben il n'y a pas que les coups durs dans la vie ! Ce n'étaient pas des coups durs justement parce qu'on était bien ! J'étais heureuse, et je n'avais pas envie de rentrer... " Claude Brasseur, excellent de vérité en papa décomposé, se retrouve alors à dire à sa femme: "Eh ben... les emmerdements commencent... Vic est heureuse!" Ce matin, ce que je vous souhaite, c'est donc que les emmerdements commencent !






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