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Ceci est une déclaration d'amour.

  • Photo du rédacteur: Leslie Garoyan
    Leslie Garoyan
  • 9 août 2025
  • 4 min de lecture


Ceci est une déclaration d’amour. Pas celle qui finit au lit, pas celle qui se porte à bout de bras un soir d’été, mais celle qui tient debout dans les pires tempêtes et qui danse avec vous sur du Claude François quand vous n’avez plus de voix.

Je parle de mes amis. Les passés, les présents, les futurs — ceux que je n’ai pas encore croisés, mais qui déjà m’attendent quelque part dans un coin de vie.

Ce matin, je me suis réveillée avec le besoin d’écrire sur l’amitié, inspirée par ma sortie de jeudi soir. J’étais sans enfant — et Dieu que c’est rare. J’avais décidé que cette parenthèse serait mémorable. Le lac brillait comme une carte postale, la pleine lune découpait l’eau en reflets argentés. Je me suis retrouvée au Pavillon Barton avec un ancien amoureux, de ceux qui gardent une place particulière dans un cœur.

C’était mémorable mais pas comme je l’avais imaginé, mieux par endroits et certes, étonnante par d’autres ;).

Mon envie nostalgique d’une adolescence de folie, d’une débauche gentillette, m’a conduite à passer la soirée avec un homme que j’ai aimé profondément, à l’entendre évoquer toute la sincérité des liens qui nous ont liés et nous lient encore aujourd’hui.

Au milieu de la côte de bœuf qui vous fond dans la bouche et des trois frites qu’il m’a laissé commander à contrecœur — "c’est cuit dans l’huile, pas dans la graisse de bœuf" —, il a fini par me dire : « De toutes les sortes d’amours et de relation qui existent, l’amitié en est la forme la plus pure. »

Et bien que je sois une romantique amoureuse de l’amour, qui a besoin d’être certaine que notre âme sœur nous attend quelque part (sinon, à quoi bon ?!),  je ne pouvais pas être plus d’accord avec lui.

Mes dernières années l’ont confirmé : nos amitiés nous portent et nous font vivre.

Il y a ceux qui ont partagé mes nuits blanches à refaire le monde, un verre à la main, le cœur un peu en morceaux mais toujours prêt à battre. Ceux qui ont ramassé mes morceaux quand je pensais qu’ils étaient trop petits pour être recollés. Ceux qui m’ont vue mordre dans la vie comme dans une pizza brûlante à deux heures du matin.

Il y a ceux qui sont passés en coup de vent, comme une chanson qu’on adore mais qu’on oublie de sauvegarder — et qui, parfois, reviennent par surprise, et quelle surprise ;) !  Il y a ceux qui sont restés, assis sur le canapé de mon cœur, qui connaissent la couleur exacte de mes humeurs et la playlist de mes jours de pluie.

Il y a les amis de jeunesse, ceux qui m’ont vue avec mon monosourcil, mes amours catastrophiques et mes rêves de grandeur. Les amis adultes, qui savent que je peux passer d’une robe de soirée à un pyjama douteux en moins de trois minutes chrono. Et ceux qui ne sont ni l’un ni l’autre, mais qui m’ont juste trouvée sur leur chemin, et qui ont décidé que j’étais un peu chez eux.

J’ai appris avec eux que l’amitié, c’est cette table où il y a toujours une chaise en plus, même si on n’a rien de prêt à manger. C’est ce message à minuit : « T’es réveillée ? Il faut qu’on débrief ! », suivi de « J’arrive », et on sait qu’il faut sortir deux verres. C’est un regard qui comprend sans questionner, un silence qui ne pèse pas, un rire qui efface tout.

Et, oui, j’ai connu aussi celles qui se sont éteintes, mais qui m’ont laissé un parfum dans le cœur, une trace douce-amère.J’ai connu des amitiés fulgurantes comme des coups de foudre, des amitiés lentes comme un vin qui se bonifie. Des amitiés qui ont survécu aux années, aux distances, aux disputes idiotes, aux choix de vie différents. Celles qui ont une odeur précise, comme ce jardin derrière la lourde porte de fer, au cœur de la vieille ville, celle qui m’a arraché des larmes dès que je l’ai retrouvée, tant elle abritait le souvenir de ma jeunesse.

De toutes les formes d’amour que j’ai croisées, l’amitié est celle qui me surprend le plus : elle n’a pas besoin d’artifice, pas besoin de promesses gravées dans le marbre, elle ne demande qu’à être vécue. Elle n’a pas de calendrier, pas de comptes à rendre, pas de stratégie pour “relancer la flamme”. Elle est là, simplement.

Alors à vous, mes amis, vous qui êtes dans ma vie depuis trente ans ou trois jours, vous qui avez traversé mes nuits, mes crises, mes éclats de rire et mes dérapages incontrôlés : merci. Merci de ne pas avoir essayé de me sauver de moi-même, mais de m’avoir accompagnée, main dans la main, jusqu’à ce que je sois prête à marcher seule. Merci pour les verres renversés, les conversations qui finissent en débats philosophiques foireux, les danses ridicules au milieu du salon, les “t’inquiète, je gère” et les “viens, on s’en fout”.

Et merci aussi à ceux qui viendront, parce que j’ai la certitude qu’il y a encore des âmes avec qui je vais partager du vin, des secrets, et peut-être même un coin de canapé au milieu de la nuit. Comme l’a dit un certain Otis, puis un Doc jetsetteur fou sur une plage d’Ibiza : « Si je devais résumer ma vie aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres, des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée… »

L’amitié, c’est l’amour sans la paperasse, sans la jalousie, sans les grandes scènes de ménage et de rupture. Et moi, j’ai décidé d’en faire mon luxe ultime.

Alors aujourd’hui, à l’aube de ce week-end caniculaire, je vous souhaite des amis qui vous aiment avec vos plis, vos folies et vos silences. Des amis qui vous trouvent beaux quand vous riez la bouche pleine. Des amis qui sont la maison qu’on retrouve toujours, peu importe combien de kilomètres on a faits.

À tous ceux qui m’ont tenue debout, et fait rire jusqu’à en pleurer, et qui sont devenus ma famille par choix, je vous le dis maintenant : vous êtes ma plus belle histoire d’amour.

 
 
 

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